jeudi 24 décembre 2009

C'est la saison...


Joyeux Noël à tous !

Source photo Terra Nova
s.

mardi 22 décembre 2009

Du côté de Castle Rock


Du Côte de Castel Rock - Alice Munro
Éditions de l'Olivier - 2009
Traduit de l'anglais par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso.


Dans l'avant-propos, Alice Munro explique la genèse de ce livre. Depuis une douzaine d'années, elle s'est intéressée à l'histoire de sa famille, venue d'Écosse et émigrée en partie en Amérique du Nord.
Revenue aux sources, dans la vallée de de l'Ettrick, l'auteur a trouvé de nombreux témoignages écrits, des lettres et des recueils de souvenirs et découvert des traces de ses ancêtres dans les ouvrages des bibliothèques locales. Elle a utilisé tout ce matériel dans une série de nouvelles, écrites au fil du temps mais non publiées jusqu'alors. Ce livre lui a permis de regrouper ces histoires, mêlant réalité et fiction et d'explorer une vie, la sienne, et toutes celles qui l'ont précédée et lui ont permis d'être celle qu'elle est devenue.
La première figure marquante est celle de William Laidlaw, connu sous le nom de Will O'Phaup, déformation du nom de sa ferme Far-Hope. Simple berger, il a marqué l'histoire locale de la vallée d'Ettrick pour avoir rencontré des fées, un soir qu'il regagnait son foyer après avoir rentré ses moutons !

C'est ensuite un de ses petits-fils, James, qui en 1818 émigre au Canada, emmenant avec lui deux fils, une fille, sa belle-fille et son petit-fils. La longue traversée de l'Atlantique constitue la première épreuve de leur exil, l'occasion déjà de découvrir un autre monde, grâce aux rencontres qu'ils font sur le bateau. James est ainsi à l'origine de cette branche familiale de nouveaux américains, que le lecteur suit, génération après génération, jusqu'au père d'Alice puis Alice elle-même, de l'enfance à l'époque actuelle.

A travers la multitude d'anecdotes et de petites histoires qui constituent ce roman, c'est la vie qui est racontée, la vie toute simple qui passe avec les années, les souvenirs qui restent ou qui s'envolent.

Un extrait où bizarrement, j'ai retrouvé une question existentielle familière :
Les moutons se pressent autour de moi. [...] Je leur donne de l'avoine dans la longue mangeoire.

Autour de moi, des gens disent que ce genre d'ouvrage permet de se ressourcer et possède une dignité propre, mais le connaissant depuis ma naissance, j'en ai un sentiment différent. Le temps et le lieu risquent de me rattraper pour m'enfermer, je risque d'avoir trop facilement l'impression de n'être jamais partie, d'être restée ici ma vie entière, comme si ma vie d'adulte était une espèce de rêve qui ne s'est jamais emparé de moi. (p. 308)

Au final, une lecture agréable, mais qui m'a laissée pensive et mélancolique !

Ce livre m'a été offert gracieusement par le site Alapage, où vous pouvez découvrir les autres ouvrages d'Alice Munro, que je ne connaissais pas avant cette lecture.

D'autres avis : celui de Papillon et un article de l'Express, ainsi qu'une présentation très intéressante des canadiennes de la rentrée littéraire sur Bibliobs.
.

samedi 12 décembre 2009

Persuasion

Persuasion - Jane Austen
Publié en 1818 (oeuvre posthume).

A l'âge de dix-neuf ans, Anne Elliot s'est fiancée à Frederick Wentworth, un jeune officier de marine, mais elle a renoncé à cet engagement, persuadée par son entourage du risque d'épouser un homme sans fortune et sans relations. Les années ont passé, Anne a perdu sa fraîcheur et se dirige à vingt-sept ans vers l'état de vieille fille de façon certaine, mal aimée par son père et ses soeurs. Elle a eu tout le temps de regretter sa décision, d'autant que la situation de Frederick Wentworth a bien changé : Sa bravoure et ses succès aux combats lui ont apporté la prospérité et la fortune.
Alors que Anne séjourne chez Mary, sa soeur cadette mariée à Charles Musgrove, le hasard la remet en présence du Capitaine Wentworth, qui n' a rien oublié et lui garde une rancune certaine, même s'il se montre très distant. De nombreuses rencontres en société vont leur donner de multiples occasions de se redécouvrir l'un l'autre.

J'ai beaucoup apprécié ce roman de Jane Austen, moins flamboyant que Orgueil et Préjugés qui m'avait emballée, mais très subtil dans la description des caractères de Anne et de Frederick, dans l'évolution de leur relation.
J'ai trouvé beaucoup d'humanité dans ces deux personnages, leurs faiblesses les rendent sympathiques et donnent envie de les voir revenir l'un vers l'autre. Anne est très émouvante, à la fois résignée à sa situation de vieille fille mais aimant toujours Frederick Wentworth. Sa lucidité la rend capable de s'opposer aux manigances de son père et de sa soeur ainée. Elle est aussi très clairvoyante et ne se laisse pas embobiner par les manières de son cousin, William Elliot, jeune homme charmant en apparence, qui souhaite l'épouser.
Le Capitaine Wentworth, peu sympathique au début, séduit au fil du roman par sa sobriété et son authenticité. Décidé à se marier, maintenant que la guerre est terminée, il participe avec plaisir aux soirées et aux promenades des jeunes filles Musgrove, apparemment charmé par l'une d'elles. En réalité, les retrouvailles avec Anne ont réveillé ses sentiments, même s'il lui faut du temps pour le reconnaitre. Mais il fait preuve de ténacité et d'audace pour exprimer son amour à Anne lorsqu'il craint qu'elle se laisse de nouveau influencer par sa famille.

Au delà de l'histoire d'amour, ce roman est aussi une peinture critique d'une certaine société anglaise, où la seule issue raisonnable pour une jeune fille est un beau mariage. Anne est devenue une charge pour son père et sa soeur ainée, qui ne lui accordent aucune considération et ne la consultent en rien, alors qu'elle est très lucide sur les défauts de son père et son incapacité à gérer ses finances. Par contraste, l'affection qu'elle trouve auprès de la famille Musgrove la place en confiance et la revalorise. Mr et Mrs Musgrove sont d'ailleurs beaucoup plus soucieux du bonheur de leurs filles que de la recherche d'un riche parti. Ils apportent une note d'optimisme qui fait du bien, autant à l'héroïne qu'au lecteur !

J'ai lu ce livre en anglais et y ai trouvé moins de difficultés que ce que je craignais. J'ai découvert la langue du début du XIXème siècle et ai été surprise bien sûr par certaines tournures, moi qui n'ai aucune connaissance particulière de la littérature anglaise. J'ai passé un très bon moment et je compte bien poursuivre mon parcours dans l'oeuvre de Jane Austen !



Livre lu dans le cadre du challenge Lire en VO de Bladelor.




Les avis de Karine, de Lilly et de Cachou.

A lire sur le Web, ici en anglais et en français.
Et je n'ai bien sûr pas pu résister aux adaptations en vidéo : Celle de 1995 et celle de 2007, en VO non sous-titrée (Je n'ai pas trouvé de version avec sous-titres).
.

vendredi 4 décembre 2009

Le retour du Lotobook


Stéphanie lance une nouvelle édition du Lotobook !

Pour vous inscrire, c'est ici avant le 4 janvier 2010 !

Moi, c'est déjà fait !

.

dimanche 29 novembre 2009

Le jour de votre nom

Le jour de votre nom - Olivier Sebban
Publié par les éditions du Seuil en août 2009.

Traqué par son beau-père, Alvaro Diaz n'a d'autre solution que d'abandonner sa femme et ses deux enfants et de fuir en France, traversant à pied les Pyrénées. Il emporte avec lui un carnet écrit par sa soeur Esther, qui retrace la vie de leur père, Isaac Diaz. Alvaro apprend ainsi que son père s'appelait en réalité Isaac Alvarez, qu'il a fui Tanger en abandonnant sa femme et qu'il s'est reconstruit une autre vie sous une identité nouvelle. Cette découverte, mise en parallèle avec sa propre vie, va profondément ébranler Alvaro dans sa fuite et le fragiliser lors de son séjour dans le camp de Gurs, en France, où l'ont conduit les autorités françaises après son arrestation à la frontière.

J'avais noté ce livre d'Olivier Sebban à l'occasion de sa visite dans l'émission de Katleen Even sur France-Inter, l'Humeur vagabonde.
Aussi, lorsque je l'ai découvert dans la liste de la 6ème édition de Masse Critique organisée par Babelio, je n'ai pas hésité à le choisir. Mais la lecture en a été assez ardue, pour plusieurs raisons.
La première est sans doute mon état d'esprit à ce moment-là : tracassée par une ambiance professionnelle de plus en plus pénible, j'aurais eu besoin de légèreté et de fantaisie, tout le contraire de cette histoire !
Les autres raisons sont liées à ce livre : d'abord, un récit qui navigue au gré de la mémoire d'Alvaro et de sa lecture du carnet. Il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Et puis, absolument aucun espoir ne surgit de cette histoire terrible, installée dans une période tourmentée, qui va de la guerre d'Espagne au conflit franco-allemand de 39-45, et qui transporte le lecteur de l'Espagne franquiste aux camps français où ont été parqués les exilés espagnols, puis dans la région toulousaine où le héros évadé rejoint un réseau de résistance.

Malgré tout, j'ai quand même apprécié la réflexion sur l'identité qui occupe une grande place dans ce roman, suscitée par les questions que se pose Alvaro au fur et à mesure de la lecture du carnet écrit par sa soeur.

Je reviendrai certainement vers ce livre quand j'aurai moi-même retrouvé plus de sérénité.


Merci à Babelio et aux éditions du Seuil pour l'envoi de ce livre.



D'autres avis chez Antigone et Hélène.

Le premier chapitre est accessible sur le site de l'éditeur.
.

dimanche 22 novembre 2009

Dans le café de la jeunesse perdue


Dans le café de la jeunesse perdue - Patrick Modiano
Éditions Gallimard - 2007

Le café de la jeunesse perdue, c'est le Condé, à l'Odéon. C'est un jeune étudiant à l'école des Mines qui nous le fait découvrir, avec ses habitués, Tarzan, Jean-Michel, Fred et la Houpa, et bien d'autres. Et puis, Louki, une jeune fille dont l'étudiant sait peu de choses. Elle apparaît pourtant sur les clichés qu'un photographe a rassemblé dans un album, consacré à Paris. Et puis, sa présence au Condé figure également dans le carnet de Bowing, preuve qu'elle a bien fréquenté le café à cette époque.

L'un des membres du groupe, Bowing, celui que nous appelions "le Capitaine", s'était lancé dans une entreprise que les autres avaient approuvée. Il notait depuis bientôt trois ans les noms des clients du Condé, au fur et à mesure de leur arrivée, avec, chaque fois, la date et l'heure exacte. Il avait chargé deux de ses amis de la même tâche au Bouquet et à la Pergola, qui restaient ouverts toute la nuit. Malheureusement, dans ces deux cafés, les clients ne voulaient pas toujours dire leur nom. (Page 18)

L'étudiant a beau avoir rencontré Louki par hasard avenue de la Grande Armée et l'avoir accompagnée jusqu'à la Porte Maillot, il n'en a pas appris davantage sur elle. Pour lui, elle a conservé tout son mystère. Nous en apprenons davantage grâce à Caisley, un ancien policier devenu détective privé. Jean-Pierre Choureau l'a chargé de retrouver sa femme, Jacqueline, née Delanque, qui a disparu du domicile conjugal. Son enquête minutieuse va nous éclairer un peu sur la trajectoire de la jeune femme, de l'avenue Rachel, dans le 18ème arrondissement, où elle vivait avec sa mère, jusqu'au Condé, où elle est devenue Louki.
Puis c'est Jacqueline elle-même qui revient sur son enfance près du Moulin-Rouge, où sa mère travaillait le soir. Profitant de son absence, elle sortait dans le quartier et même plus loin, ce qui lui avait valu d'être emmenée une ou deux fois au commissariat, où sa fugue avait été notée dans la main courante. C'est ainsi que des années plus tard, Caisley remontera la piste fragile de Jacqueline à Louki.
Finalement c'est Roland, le "brun à la veste de daim" du carnet de Bowing qui va nous permettre de relier tous ces fragments de la vie de Jacqueline, lui qui a partagé un moment de sa vie mais qui n'en savait pas assez pour la protéger jusqu'au bout.

Je ne me lasse jamais de ces romans de Patrick Modiano, situés dans un Paris d'une autre époque. A la suite de ses personnages, ombres fugaces décrites en quelques phrases ou bien figures majeures du roman, nous parcourons les différents quartiers de la capitale, bien loin de la réalité grouillante et saturée qu'elle est devenue.

Ces histoires, toujours identiques et en même temps si différentes, font surgir un autre temps, comme le ferait un film en noir et blanc et nous donnent à partager quelques instants de la vie de ces héros et héroïnes bien attachants, même s'ils disparaissent de nos mémoires, dès le livre refermé... Qu'importe, le plaisir de lecture est toujours là.

Les avis de Kate, Stéphanie qui propose une mini-interview de l'auteur, Bernard qui a été déçu, Leiloona, Mag, Bookomaton.

Sur le site des éditions Gallimard, une vidéo de Patrick Modiano.
.

mercredi 18 novembre 2009

Mille soleils splendides

Mille soleils splendides - Khaled Hosseini
Éditions Belfond (2007)
Traduit de l'américain par Valérie Bourgeois.


Mariam, vit avec sa mère dans une misérable cabane à l'écart de la ville d'Herat, où son père, Jalil, est le riche propriétaire du cinéma. Pourvu déjà de trois épouses et de nombreux enfants, il n'a pas voulu reconnaître la fillette. A la mort de la mère, Jalil arrange un mariage entre Mariam et Rachid, un coordonnier de Kaboul, plus âgé qu'elle d'au moins trente ans.
Rachid, qui souhaite avoir un fils, assure dans les premiers temps à Mariam des conditions de vie correctes, lui faisant découvrir la ville, bien nouvelle pour elle. Mais très vite, l'impossibilité pour Mariam de mener à bien une grossesse réveille chez Rachid le mépris pour celle qui n'est qu'une "harami", une bâtarde, et la vie de Mariam devient celle d'une esclave, soumise à la violence de son mari.
En 1978, alors qu'éclate le coup d'état communiste qui va renverser le régime de Daoud khan, nait une petite fille, Laila, chez des voisins de Mariam et Rachid. Cette enfant, peu aimée par sa mère dépressive, est choyée par son père, qui a une vision moderne de son avenir et souhaite qu'elle fasse des études. Laila est soutenue par la présence de Tariq, son ami d'enfance. Mais l'invasion soviétique et la guerre qui s'ensuit plonge Kaboul et tout le pays dans le chaos. Lors d'un bombardement, les parents de Laila sont tués et elle est gravement blessée. Mariam et Rachid la recueillent et la soignent. Rachid, qui à soixante ans, n'a pas renoncé à son désir d'un fils, propose à Laila de l'épouser. Pour se sortir d'une situation désespérée lorsqu'elle apprend la mort de Tariq, Laila accepte. Quelques mois plus tard, elle met au monde une petite fille. Au fil du temps, les relations difficiles entre les deux femmes vont s'apaiser et laisser place à une grande affection et à une solidarité face à un époux violent et haineux, d'une part, et à une existence de plus en plus précaire, dans la ville assiégée et affamée, d'autre part.

Comme "Les cerfs-volants de Kaboul", ce livre de Khaled Hosseini propose un aspect documentaire très intéressant sur l'histoire récente de l'Afghanistan, de l'ancien régime à l'invasion soviétique puis l'arrivée des Talibans. C'est aussi une démonstration appuyée de l'évolution de la condition féminine dans ce pays, qui suscite la compassion pour ces femmes meurtries et baillonnées par des lois archaïques.
L'histoire qui est racontée ici est d'une grande force dramatique, mais je l'ai trouvée affadie par un style plat et sans passion. Et le simili happy-end m'a laissée dubitative, comme si l'auteur n'avait pas su trancher sur la fin qu'il voulait donner à ce roman. La quatrième partie qui raconte le retour à Kaboul de Laila avec ses enfants et la reprise d'une vie "normale" est soit trop expédiée, car il aurait fallu y intégrer davantage l'aspect documentaire et politique, pour lui donner un intérêt, soit trop diluée si elle est seulement prétexte à terminer l'histoire de Mariam sur une note rédemptrice.

En résumé, une petite déception, même si l'intérêt documentaire est certain et le sujet poignant.

Le site des éditions Belfond propose de feuilleter les premières pages.
Des avis plus enthousiastes chez Ambre, Lili, Florinette, Solenn et un peu moins chez Emeraude.



Lu dans le cadre d'Objectif Pal : 6/61 depuis début septembre !

J'ai enfin réussi à faire le décompte de ma PAL et je ne suis pas très fière du résultat. Je ne m'attendais pas à avoir autant de livres non lus !



.

vendredi 30 octobre 2009

Lady Susan

Lady Susan - Jane Austen
Traduit de l'anglais par Pierre Goubert.
Lu dans l'édition Folio 2€ (Gallimard 2000).


Lady Susan, jeune veuve de trente-cinq ans, s'invite chez son beau-frère, M. Vernon, dans sa propriété de Churchill, fuyant, selon ses propos, l'ambiance trop gaie chez les Manwaring où elle a passé quelques mois. En chemin, elle dépose sa fille de seize ans à Londres, en pension, car elle peine à soumettre celle-ci à sa volonté, en raison du caractère difficile et obstiné de la jeune fille.
Si Charles Vernon ne peut refuser l'hospitalité à sa belle-soeur en raison de la situation financière précaire de celle-ci, lui et son épouse ne sont pas ravis de sa venue. En effet, la réputation sulfureuse de Lady Susan l'a précédée à Churchill, où Mme Vernon l'attend, fortement prévenue à son égard et bien décidée à ne pas céder à ses manipulations.

Dans ce court roman, qui se présente sous une forme épistolaire, les échanges entre les protagonistes nous laissent très rapidement sans illusions sur le caractère réel de Lady Susan et sur ses manigances. Si elle se montre sous son meilleur jour lorsqu'elle écrit à son beau-frère, elle ne cache aucunement ses sentiments et ses projets dans ses courriers à son amie Alicia Johnson.
Et si les préventions que Mme Vernon exprime envers elle dans les lettres à sa mère nous paraissent au début bien excessives, il faut reconnaitre assez vite qu'elle a clairement vu dans le jeu de Lady Susan et bien évalué son pouvoir de nuisance.
J'ai beaucoup aimé ce petit livre. Dommage qu'il soit si court, justement ! Je suis restée ébahie parfois par l'impudence de Lady Susan, par ses mensonges et ses manigances pour arriver à ses fins, par son manque d'amour maternel et par sa confiance assurée envers son propre pouvoir de séduction.
J'ai été séduite par le style de Jane Austen, par sa précision et sa fluidité. Jamais d'ennui à la lecture de ces lettres, mais plutôt l'envie de découvrir comment cette histoire va se terminer et si la méchante sera punie !
N'hésitez pas plonger dans ce roman pour le découvrir !

J'ai reçu ce livre de Typhania, dans le cadre de l'opération Passe ton livre à ton voisin, initiée par Loula.
A ce propos, les livres que j'ai proposés à cette occasion sont toujours disponibles !



Lu dans le cadre d'Objectif Pal : -5 depuis début septembre !

vendredi 23 octobre 2009

Le propriétaire

Le propriétaire - John Galsworthy
Editions Calmann-Levy (1925)
Traduit de l'anglais par Camille Mayran (The man of Property)
Lu en Livre de poche (1966).


Le 15 juin 1886, les fiançailles de sa petite-fille June donnent à Jolyon Forsyte l'occasion de réunir toute la famille Forsyte dans sa résidence de Stanhope Gate, à Londres. Tous ses frères et soeurs sont là : la plus âgée Ann, puis Hester, Juley, les jumeaux James et Swithin, Timothy, Roger et Nicholas. Et bien sûr, les femmes et les enfants, eux-mêmes avec leurs conjoints.
Seul manque à l'appel Jolyon le jeune, fils du vieux Jolyon et père de June, mis à l'écart de la famille pour sa conduite scandaleuse que l'on découvrira plus tard. Plus que jamais, le vieux Jolyon ressent le manque que lui cause l'absence de son fils, son "Jo".

L'heureux fiancé est Philip Bosinney, un jeune architecte, plein de talents sans doute, mais sans fortune. Aussi, Jolyon a mis des conditions avant d'accepter ce mariage : Philip doit se constituer une clientèle, afin d'assurer à sa future femme un train de vie à la hauteur de sa position sociale. June profite donc de cette réunion de famille pour en inciter les membres à se faire construire une maison à la campagne.

Contre toute attente, Soames, le fils de James, envisage la proposition avec intérêt : en effet, son mariage avec Irène n'est pas heureux et il voudrait la soustraire aux mauvaises influences qu'il redoute pour elle à Londres. Il va donc faire affaire avec Le Brigand, comme les enfants Forsyte ont surnommé Philip, tant il est différent de leurs fréquentations habituelles, et lui faire construire une magnifique maison, bien différente de celles des autres Forsyte, sur la colline de Robin Hill. Tous sont bien loin d'imaginer les bouleversements causés par ce projet dans l'existence apparemment sans nuages de plusieurs d'entre eux. Devenir propriétaire n'est pas une sinécure !


Ainsi commence ce premier tome de la saga des Forsyte, qui nous plonge dans le Londres de la fin du 19ème siècle, au sein de cette famille de la haute bourgeoisie, rigide et respectable, refermée sur elle-même. Si l'on ressent bien ce qui unit tous les membres de la famille, on découvre aussi les jalousies, les rumeurs et les commérages au cours de ces nombreuses réunions de famille. L'irruption de Philip Bosinney dans ce milieu constitue déjà une perturbation. La suite des évènements fera éclater certains liens, du côté de James, tandis que Jolyon va y trouver le courage de renouer avec son fils.

A côté de l'intrigue sentimentale, l'intérêt de ce roman est aussi de montrer le fonctionnement d'une famille : comment, partis assez bas dans l'échelle sociale, ils ont réussi, par le travail et l'ambition, à devenir ce qu'ils sont, riches bourgeois, respectables et respectés, mais guindés et soumis aux conventions de l'époque, parfois au détriment de leur bonheur.

J'ai lu cette saga, il y a bien des années, suite à la diffusion en 1971 de la série britannique, la Saga des Forsyte, à la télévision. C'était le samedi soir, en deuxième partie de soirée, en noir et blanc et j'aimais beaucoup la lenteur de l'intrigue, les conversations des vieilles tantes chez l'oncle Timothy, la bougonnerie du vieux Jolyon, l'air pincé de Soames et la froide beauté d'Irène.

En visionnant le début du premier épisode ici, je me suis souvenue que la série démarre plus tôt, puisqu'elle commence dans l'enfance de June et qu'elle relate les faits qui ont amené Jo à être écarté de la famille, alors que ces évènements n'apparaissent que petit à petit dans le premier tome du roman, au fur et à mesure que Jolyon les évoque, à l'occasion de son rapprochement avec son fils et la famille qu'il a fondée.

A la relecture de ce roman, je m'aperçois qu'il aurait très bien pu faire partie de la liste qui avait été proposée par Ys, à l'occasion du London Swap, auquel j'ai participé. En effet, on y découvre Londres au côté des différents membres de la famille, les quartiers résidentiels et les quartiers d'affaires, et ce n'est pas le moindre des charmes de cette oeuvre qui mérite d'être mieux connue.

Un avis chez les rats de biblio.

Lu dans le cadre de mon challenge Relecture 2009.
Je suis prête à poursuivre avec le tome suivant de cette saga, "Aux aguets".
.

lundi 19 octobre 2009

Les 100 livres préférés des français

Ce tag circule sur la blogosphère : J'ai eu envie de voir comment je me situais dans cette liste ?

En bleu, les livres que j'ai lus et en vert ceux que je lirai certainement !
  1. La Bible (Pas lue, la religion a tenu peu de place dans mon éducation !)
  2. Les misérables de Victor Hugo (Jamais lu en entier, il faudra que je me décide un jour !)
  3. Le petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry (lu partiellement, mais je n'en suis pas fan)
  4. Germinal d'Emile Zola (lu)
  5. Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien (pas lu)
  6. Le rouge et le noir de Stendhal (J'en ai étudié des extraits au lycée, mais je l'ai jamais lu en entier)
  7. Le grand Meaulnes d'Alain-Fournier (lu)
  8. Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne (Pas lu. De Jules Verne, je n'ai lu que "Un billet de loterie")
  9. Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody (Pas lu)
  10. Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas (Lu et relu !)
  11. La gloire de mon père de Marcel Pagnol (Lu)
  12. Le journal d'Anne Frank d'Anne Frank (Lu)
  13. La bicyclette bleue de Régine Deforges (Lu)
  14. La nuit des temps de René Barjavel (Lu)
  15. Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mc Cullough (Lu)
  16. Dix petits nègres d'Agatha Christie (Lu)
  17. Sans famille d'Hector Malot (Lu étant enfant. Comme c'était triste !)
  18. Les albums de Tintin de Hergé (Lu à l'adolescence et plus tard, car à la maison les BD étaient mal vues !)
  19. Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell (Lu)
  20. L'assommoir d'Emile Zola (Lu)
  21. Jane Eyre de Charlotte Brontë (Lu)
  22. Dictionnaires Petit Robert, Larousse, etc (Evidemment !)
  23. Au nom de tous les miens de Martin Gray (lu)
  24. Le comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas (Lu!)
  25. La cité de la joie de Dominique Lapierre (Dans ma PAL)
  26. Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley (Pas lu)
  27. La peste d'Albert Camus (Etudié au lycée mais pas lu en entier. J'avais 15 ans et ça me dépassait un peu ! Mais la vie est encore longue !)
  28. Dune de Frank Herbert (Pas lu)
  29. L'herbe bleue Anonyme (Lu)
  30. L'étranger d'Albert Camus (Lu)
  31. L'écume des jours de Boris Vian (Etudié au lycée. La découverte de Boris Vian et la lecture de beaucoup de ses livres, ensuite !)
  32. Paroles de Jacques Prévert (Etudié au lycée et j'ai continué avec Histoires !)
  33. L'alchimiste de Paulo Coelho (Pas lu)
  34. Les fables de Jean de La Fontaine (Etudiées en classe)
  35. Le parfum de Patrick Süskind (Lu et pas aimé !)
  36. Les fleurs du mal de Charles Baudelaire (Etudié en classe)
  37. Vipère au poing d'Hervé Bazin (lu)
  38. Belle du seigneur d'Albert Cohen (Jamais lu)
  39. Le lion de Joseph Kessel (Lu étant enfant. Ma mère appréciait beaucoup Kessel.)
  40. Huis clos de Jean-Paul Sartre (Pas lu)
  41. Candide de Voltaire (Lu lorsque mon fils l'a étudié au collège !)
  42. Antigone de Jean Anouilh (Etudié au lycée, Mais j'y étais assez insensible...)
  43. Les lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet (lu)
  44. Premier de cordée de Roger Frison-Roche (dans ma PAL. J'ai récupéré ce livre lorsque la bibliothèque du CE a fait le ménage et je me suis souvenu que ma mère l'avait adoré.)
  45. Si c'est un homme de Primo Levi (Jamais lu encore. J'ai une certaine appréhension à aborder ce livre. Mais ça viendra...)
  46. Les malheurs de Sophie de la comtesse de Ségur (Lu et relu pendant l'enfance)
  47. Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne (voir n°8)
  48. Les fourmis de Bernard Werber (Pas lu)
  49. La condition humaine d'André Malraux (Dans ma PAL)
  50. Les Rougon-Macquart d'Emile Zola (J'en ai lu la plupart mais il en reste encore à découvrir !)
  51. Les rois maudits de Maurice Druon (lus et vus à la télé)
  52. Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand (Lu)
  53. Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë (lu)
  54. Madame Bovary de Gustave Flaubert (J'en ai lu des extraits mais jamais en entier)
  55. Les raisins de la colère de John Steinbeck (Lu)
  56. Le château de ma mère de Marcel Pagnol (Lu)
  57. Voyage au centre de la Terre de Jules Verne (voir point n°8)
  58. La mère de Pearl Buck (Lu, ainsi que beaucoup d'autres titres de l'auteur)
  59. Le pull-over rouge de Gilles Perrault (Pas lu, je crois)
  60. Mémoires de guerre de Charles de Gaulle ( Pas lu)
  61. Des grives aux loups de Claude Michelet (Pas lu)
  62. Le fléau de Stephen King (Pas lu, ni aucun autre de l'auteur)
  63. Nana d'Emile Zola (Lu)
  64. Les petites filles modèles de la comtesse de Ségur (Lu et relu, voir point 46)
  65. Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway (Lu)
  66. Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez (Lu)
  67. Oscar et la dame rose d'Eric-Emmanuel Schmitt (Pas lu)
  68. Robinson Crusoé de Daniel Defoe (Lu)
  69. L'île mystérieuse de Jules Verne (voir point n°8)
  70. La chartreuse de Parme de Stendhal (Des extraits étudiés au lycée, seulement)
  71. 1984 de George Orwell (lu)
  72. Croc-Blanc de Jack London (lu)
  73. Regain de Jean Giono (Pas lu)
  74. Notre-Dame de Paris de Victor Hugo (Pas lu)
  75. Et si c'était vrai de Marc Levy (Rien lu de cet auteur)
  76. Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline (Pas lu)
  77. Racines d'Alex Haley (Lu)
  78. Le père Goriot d'Honoré de Balzac (Etudié au lycée et relu récemment avec plaisir !)
  79. Au bonheur des dames d'Emile Zola (Mon préféré d'Emile Zola)
  80. La terre d'Emile Zola (Pas lu)
  81. La nausée de Jean-Paul Sartre (Pas lu mais j'ai planché sur un extrait à l'écrit du bac français. 8/20 !! Cà n'incite pas à s'y replonger !)
  82. Fondation d'Isaac Asimov (Pas lu)
  83. Le vieil homme et la mer d'Ernest Hemingway (Lu à 9 ans sur les conseils de mon père, et adoré)
  84. Louisiane de Maurice Denuzière (Lu)
  85. Bonjour tristesse de Françoise Sangan (Lu)
  86. Le club des cinq d'Enid Blyton (Tous lus et relus ! C'est toute mon enfance !)
  87. Vent d'est, vent d'ouest de Pearl Buck (Lu et relu !)
  88. Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (Lu)
  89. Les cavaliers de Joseph Kessel (Pas lu)
  90. Jalna de Mazo de la Roche (Tous lus. C'était délicieusement vieillot !)
  91. J'irai cracher sur vos tombes de Boris Vian (Lu)
  92. Bel-Ami de Guy de Maupassant (Pas lu, je crois)
  93. Un sac de billes de Joseph Joffo (lu)
  94. Le pavillon des cancéreux d'Alexandre Soljenitsyne (Pas lu)
  95. Le désert des Tartares de Dino Buzzati (Pas lu)
  96. Les enfants de la terre de Jean M. Auel (Lus)
  97. La 25e heure de Virgil Gheorghiu (Lu)
  98. La case de l'oncle Tom de H Beecher Stowe (Lu)
  99. Les Thibault de Roger Martin du Gard (Lus)
  100. Le silence de la mer de Vercors (Pas lu)
Résultat :

60 lus et 13 que je me promets de lire un jour.

Un challenge pour 2010 ? Pourquoi pas ?
.
.

vendredi 16 octobre 2009

Orgueil et préjugés

Orgueil et préjugés - Jane Austen
Éditions 10-18, collection Domaine étranger.
Traduit de l'anglais par V. Leconte et Ch. Pressoir.


Mrs Bennett est bien en peine d'avoir cinq filles : elle est confrontée à la difficile tâche de les marier afin d'assurer leur avenir. En effet, en l'absence d'héritier mâle, leur domaine reviendra à un cousin de Mr Bennett, à la mort de celui-ci. Leur fortune étant très modeste, la seule issue pour les cinq sœurs est donc le mariage, avec un jeune homme, riche, de préférence.
Mrs Bennett est donc ravie de l'arrivée de Mr Bingley, qui s'installe dans une propriété voisine, Netherfield Park. Il est riche, beau et charmant et est accompagné de son ami, Mr Darcy, encore plus fortuné que lui.
Mais si Mr Bingley conquiert très vite la sympathie de tout le voisinage, et semble très attiré par Jane, l'ainée des Bennett, Mr Darcy, hautain et fier fait l'unanimité contre lui. Ses commentaires déplaisants vis à vis d'Élizabeth, la cadette, dont il qualifie la beauté de passable, suffisent à susciter chez celle-ci une antipathie immédiate à son encontre. Ce sentiment ne fait que croître lorsque Darcy réussit à éloigner son ami de Jane, refusant pour lui ce qu'il juge comme une mésalliance.

Aussi, lorsque Darcy, qui a appris à apprécier les qualités et le charme d'Élizabeth, surmonte ses préjugés vis à vis de sa famille et lui avoue son amour, la jeune fille rejette sa demande en mariage et lui renvoie à la figure tout ce qu'elle lui reproche.
Mais de multiples péripéties provoqueront de nouvelles rencontres entre Élizabeth et Darcy et donneront à celui-ci l'occasion d'éprouver son amour et de d'amener la jeune fille à changer son point de vue !

Grâce aux nombreux billets que j'avais pu lire sur les blogs à propos de ce roman, je savais qu'il était très apprécié. Mais je dois avouer que je m'attendais à une histoire fleur bleue, mièvre et sentimentale !

Quelle erreur ! J'ai été charmée par ce livre : que d'ironie dans cette peinture de la société bourgeoise fin XVIIIème-début XIXème ! A travers le parcours de plusieurs jeunes filles bien différentes les unes des autres, nous découvrons un tableau très réaliste de la condition féminine à cette époque. Nous les suivons, ainsi que leurs familles, dans tous les évènements de la vie quotidienne : les bals, les visites, les séjours dans la famille ou chez les amis. Nous sourions aux manœuvres de Mrs Bennett pour tenter de "caser" ses filles, face aux moqueries de son mari, avec qui elle forme un couple bien mal assorti.

Évidemment, le roman est dominé par les personnages d'Élizabeth et de Darcy, tous deux orgueilleux et fiers. Elle, très consciente de sa situation, souhaite malgré tout faire un mariage d'amour, basé sur le respect et la communion intellectuelle. C'est une jeune fille intelligente, vive et enjouée, impertinente et cultivée. Mais, blessée par Darcy dans son amour-propre, elle reste braquée sur sa première impression, au risque d'accorder foi à des propos non vérifiés, pour alimenter son antipathie.
Lui, hautain et méprisant face à un milieu de condition sociale inférieure à la sienne, est en réalité un jeune homme responsable et généreux, qui réussit le premier à dépasser ses préjugés et à laisser parler son coeur. Trop franc, lors de sa déclaration à Élizabeth, il ne peut s'empêcher de mettre en avant toutes ses préventions envers la famille Bennett pour justifier la lutte qu'il a dû mener contre lui-même. Cette franchise va évidemment apporter un argument supplémentaire au refus d'Élizabeth, même si elle est déjà consciente du tort que lui causent la frivolité de ses sœurs et l'excentricité de sa mère !

Tous les autres personnages qui gravitent autour d'eux sont également pleins d'intérêt et permettent au lecteur d'apprécier les rapports humains dans cette société bourgeoise, où tous parlent d'argent sans arrêt mais dissimulent leurs sentiments, même dans le cercle familial le plus proche !

Voilà donc une belle découverte ! De Jane Austen, j'ai déjà lu Raison et sentiments, mais ne me souviens pas d'avoir été aussi emballée. Un relecture en perspective, peut-être ?

Les avis de Bladelor, Lou qui analyse les personnages en détail, Chaperlipopette, Karine et bien d'autres, grâce à Blog-o-Book.

Et je ne peux manquer de mentionner le challenge organisé par Fashion autour de l'oeuvre de Jane Austen.

En attendant de succomber à la tentation d'acheter le livre en anglais, j'en ai lu quelques passages en ligne, ici.

Je suis restée dans l'ambiance du livre en visionnant le téléfilm de la BBC (1995), adaptation fidèle du roman et j'ai été définitivement conquise !

Voici le lien vers le début de la série, en version française ou en version originale sous-titrée. Vous trouverez la suite aisément !


Cerise sur le gâteau : cette lecture me permet de réduire ma PAL !

J'en suis donc à -4, en résultat cumulé, pour le challenge Objectif Pal.

jeudi 15 octobre 2009

Masse critique est de retour


Babelio propose de nouveau de recevoir un livre à choisir dans une liste variée.

Seul engagement : écrire une critique du livre reçu sur son blog ou sur le site Babelio.

Pour s'inscrire, rendez-vous ici !

Pour ma part, mon choix est déjà fait...

mardi 6 octobre 2009

Secret de famille

Secret de famille - Irène Frain
Éditions Jean-Claude Lattès (1989)
Ouvrage lu : celui des éditions de la Seine.


Le sous-titre de ce livre, Les liens du sang; les noeuds de la haine, décrit parfaitement cette saga familiale, dont l'héroïne est Marthe, née par hasard en 1879 à Rouvray, petite ville des bords de Loire.
Sa mère, contrainte à interrompre son voyage en train en raison d'une crue mémorable, accoucha à l'hospice des Ursulines, avant de mourir quelques jours plus tard en laissant l'orpheline à la garde des religieuses.
Dans cette bourgade de province, Marthe sera toute sa vie une "accourue", c'est-à-dire une étrangère au pays. Toute son existence sera marquée par la rumeur, sur ses origines d'abord, puis sur ses ambitions supposées, surtout lorsqu'elle épouse Hugo Monsacré, fils cadet d'une grande famille de meuniers de Rouvray.


A force de volonté, Marthe, la petite orpheline, assoit petit à petit sa position dans cette famille et devient la maitresse d'un domaine qui suscite bien des envies dans le pays. Mais si Marthe connait ses ennemis dans son voisinage, elle doit aussi faire face à la haine de son propre fils, qui la poursuit jusqu'à la fin.


Dans ce roman qui s'étend sur toute une vie, Irène Frain a imaginé un beau personnage féminin : Marthe n'oublie jamais d'où elle vient et se bat pour défendre sa situation et celle de ses enfants. Elle lutte pour sa liberté et son indépendance et se dresse, face aux médisances et aux manipulations de cette petite société provinciale, où chacun épie son voisin et colporte des rumeurs pour tenter de le fragiliser et en tirer profit. Cette ambiance malsaine contraste fortement avec la douceur de la campagne des bords de Loire, que l'auteur décrit merveilleusement.

Décidément, Irène Frain sait raconter de belles histoires !

jeudi 1 octobre 2009

Variations sauvages

Variations Sauvages - Hélène Grimaud
Éditions Robert Laffont

Hélène Grimaud, pianiste de renommée internationale, revient dans ce livre sur son enfance et sur ses passions : la musique et les loups.
C'est une enfant précoce, exaltée et mystique, rebelle et volontaire, qui assume ses choix de vie et mène une existence hors-norme.

J'ai reçu ce livre en cadeau il y a plusieurs années. Le challenge Blog-o-Trésors a été l'occasion de le sortir de ma bibliothèque et de le lire enfin !
Je retrouve encore ici l'impression éprouvée lors d'autres lectures de livres écrits par des personnes publiques "célèbres" : l'auteur souhaite s'exprimer sur certains aspects de sa vie, sans en dire trop sur d'autres, ce qui se révèle assez frustrant pour le lecteur, même si je comprends cette envie de discrétion.
Finalement, ce n'est pas le genre de livre vers lequel je vais de moi-même, ce qui explique qu'il soit resté si longtemps dans ma PAL ! De façon générale, je préfère la biographie à l'autobiographie.

Quelques satisfactions, tout de même :
  • J'ai terminé mon challenge Blog-o-Trésors.
  • Je fais baisser le niveau de ma PAL = -3.
  • J'ai envie de ré-écouter Rachmaninov, car Hélène Grimaud sait faire partager ses passions !
Si vous souhaitez voir des loups de près, je vous conseille d'aller dans l'Ariège, à Orlu visiter le Parc de la Maison des loups !

mardi 22 septembre 2009

Un été à Key West

Un été à Key West - Alison Lurie
Éditions Rivages (1998)
Traduit de l'anglais par Céline Schwaller-Balaÿ


Jenny Walker est mariée depuis de longues années à Wilkie, écrivain et naturaliste de renommée internationale. Elle tient le rôle d'épouse aimante, d'assistante personnelle, de documentaliste et de première lectrice, au côté de cet homme plus âgé qu'elle. Mais depuis quelques mois, Wilkie a changé à son égard, il est devenu distant, désagréable parfois.
Elle décide de louer une villa en Floride, à Key West, afin d'y passer la mauvaise saison, espérant que le dépaysement mettra fin à cette dépression, comme le suggèrent ses deux grands enfants.
Ce qu'elle ignore, c'est que Wilkie se croit atteint d'un cancer et se prépare à mettre fin à ses jours, afin d'épargner à sa femme une horrible agonie.

C'est donc ce séjour dans un lieu qui pourrait être idyllique qui nous est raconté dans ce livre, vu tour à tour selon le point de vue de Jenny et de Wilkie. Jenny, dégagée petit à petit de ses tâches d'assistante, puisque son mari ne fait plus rien, s'accorde plus de temps libre et lie connaissance avec les habitants de Key West, bien différents de ses relations habituelles. Wilkie s'enfonce dans sa quête morbide et échafaude des plans de suicide, qui tombent souvent à l'eau (c'est le cas de le dire, dans cet endroit !).

Il est question des relations conjugales qui évoluent avec les années, de la vieillesse et du temps qui passe, sans doute pas à la même vitesse pour un homme et sa femme de vingt-cinq ans sa cadette. Jenny se découvre une autre femme et accepte des expériences nouvelles, alors que Wilkie est crispé sur ses certitudes et son manque de confiance envers les autres.

Mon premier contact avec ce livre date de sa sortie en 1998. Même si je me souvenais vaguement de la trame, j'en avais oublié les détails. Je l'ai donc relu avec plaisir cette année, dans le cadre de mon challenge Relecture 2009, profitant des vacances pour m'y replonger.

Alison Lurie est un de mes auteurs préférés : elle raconte des histoires modernes, explore souvent les relations amoureuses, sans complaisance pour ses personnages, dont elle montre les failles, avec ironie parfois, mais sans méchanceté. Elle met souvent en scène des intellectuels, des universitaires, dans des situations qui me rappellent les romans de David Lodge.

Bien que ce livre soit dans ma bibliothèque, je ne le compte pas dans mon Objectif Pal, puisque c'est une relecture !

mercredi 16 septembre 2009

Les cerfs-volants de Kaboul

Les cerfs-volants de Kaboul - Khaled Hosseini
Paru chez Belfond en 2004.
Traduit de l'américain par Valérie Bourgeois.


Dans les années 70, Amir vit avec son père, Baba, dans un quartier riche au nord de Kaboul. Dans leur grande propriété, habitent également Ali, le serviteur de Baba, et son fils Hassan. Élevés ensemble par la même nourrice, les deux garçons sont depuis toujours compagnons de jeu. Amir souffre de la dureté de son père à son égard, et son attitude vis-à-vis d'Hassan est marquée par la jalousie. En effet, Baba témoigne d' une grande affection pour Hassan et Amir se rend compte qu'il déçoit souvent son père, à cause de sa faiblesse et de sa lâcheté.
La compétition annuelle de cerfs-volants qui se déroule à Kaboul chaque année est l'occasion pour Amir de gagner l'admiration de son père et Hassan y contribue de tout son coeur. Mais lorsque Hassan se fait agresser de la pire façon par des voyous , Amir assiste à l'outrage sans réagir, bloqué par la peur et la couardise. Son sentiment de culpabilité et ses remords compromettent définitivement sa relation avec Hassan, qu'il trahit et abandonne. Des années plus tard, alors qu'Amir vit aux Étas-Unis, chassé de l'Afghanistan par l'invasion soviétique, un appel téléphonique va lui donner l'occasion de retourner dans son pays et de se racheter, au prix d'une confrontation redoutable avec les talibans.

J'avais lu de nombreux billets très élogieux sur ce livre, aussi j'ai été désappointée au début de ma lecture : Le personnage d'Amir, englué dans ses faiblesses et ses mensonges, n'est pas sympathique et sa perpétuelle contrition est assez agaçante. Je trouve que l'auteur accorde trop de place dans le récit aux remords exprimés par l'enfant, ce qui a nui, en ce qui me concerne dans un premier temps, à la force du récit.
Ensuite, lorsque la situation se gâte en Afghanistan, contraignant Amir et son père à l'exil, j'ai davantage apprécié cette histoire de trahison et de rédemption.

Par ailleurs, c'est un livre très intéressant par son aspect documentaire et historique sur l'Afghanistan : Quel contraste entre la vie que décrit Amir, avant l'invasion soviétique, et ce que nous connaissons de ce pays ! Quelle surprise de découvrir cette fameuse fête des cerfs-volants et l'engouement qu'elle suscite dans la population ! A travers les nombreuses descriptions, l'amour de l'auteur pour son pays éclate magnifiquement dans ce livre et je trouve que cela justifie pleinement sa lecture.

Blog-O-Book recense de nombreux avis, ici et d'autres sont à lire chez Tamara, Hanta, Nathalie et Bardalyves.

Cette lecture me permet d'avancer dans mon challenge Blog-o-trésors et de réduire ma PAL.


J'en suis donc à -2, en résultat cumulé, pour le challenge Objectif Pal.

lundi 7 septembre 2009

Un animal doué de raison

Un animal doué de raison - Robert Merle
Éditions Gallimard (1967)

Le professeur Henry Sevilla dirige un centre de recherche et travaille sur la communication avec les dauphins. Son objectif est d'arriver à décrypter le langage naturel de ces animaux et de profiter de leur exceptionnelle intelligence pour leur apprendre le langage humain.
Ce projet ambitieux est financé par le gouvernement américain, et l'armée est partie prenante dans l'affaire. Sevilla se doute que les objectifs réels du projet vont au delà ce qui lui est présenté, mais il n'est pas au bout de ses surprises. Et le lecteur non plus !


J'ai eu un peu de mal à aborder ce livre de Robert Merle, roman d'anticipation paru en 1967, mais qui évoque un futur proche (1972). Difficulté liée au style, sans doute : les dialogues sont inclus dans le texte narratif et on ne sait pas toujours immédiatement qui s'exprime. Et puis ce livre mêle plusieurs genres : roman d'espionnage, histoire sentimentale, document d'archive, rapport scientifique. Son ancrage dans la période de guerre froide et du conflit au Vietnam peut sembler un peu daté, mais rejoint une actualité bien plus proche lors de l'attaque terroriste d'un bateau de l'armée américaine au large de la Chine. Se profile alors la menace d'une troisième guerre mondiale et surtout une prémonition des évènements du 11 septembre 2001 !

Le sujet du livre est plein de charme : apprivoiser des dauphins, communiquer avec eux, comprendre leur langage et leur apprendre des rudiments d'anglais, cette utopie fera rêver tous les anciens adeptes de la série Flipper le dauphin ! Le contraste entre ces expériences idylliques et l'enjeu politico-guerrier du projet de recherche est fort et illustre bien que la science peut conduire au pire comme au meilleur usage dans notre monde, même s'il ne s'agit ici que de l'imagination de l'auteur !

J'ai pris grand plaisir à cette lecture et j'ai apprécié de retrouver Robert Merle dans un genre autre que ses romans historiques dont je suis fan !

L'avis d'Allie et une chronique de salle 101.


Ce livre fait partie de mon challenge Blog-o-trésors.









Il me permet également de m'associer à l'initiative d'Antigone, Objectif Pal :

En ce qui me concerne : -1, pour l'instant !

Je sais, c'est peu, mais je vais continuer dans cette voie !

vendredi 4 septembre 2009

Pal Attack !

Pour reprendre en douceur après ces vacances reposantes, mais néanmoins actives, ce nouveau challenge lancé par Antigone correspond tout à fait à mes préoccupations, vis à vis de ma PAL.

J'y souscrit donc avec plaisir, d'autant que mes lectures de vacances m'ont déjà permis de démarrer sur cette voie !

En revanche, je suis bien incapable de compter le nombre de livres dans ma PAL, qui est virtuelle, puisque j'ai tendance à les éparpiller dans tout l'appartement !

vendredi 7 août 2009

Enfin les vacances !



Bientôt le départ vers une petite île dans une petite mer !


Source photo : Gwen Loriette à voir ici

mercredi 5 août 2009

Best Love Rosie

Best Love Rosie - Nuala O'Faolain
Sabine Wespieser éditeur (2008)
Traduit de l'anglais par Judith Roze.


Rosie, la cinquantaine bien entamée, revient à Dublin, sa ville natale, après une carrière professionnelle qui l'a menée dans le monde entier. Elle y retrouve Min, sa tante qui l'a élevée à la mort de sa mère. Min, septuagénaire dépressive, mène une vie morne et sans surprise et a tendance à forcer sur l'alcool. Pour essayer de lui redonner goût à la vie, Rosie commence à s'intéresser aux livres de développement personnel et projette d'en écrire un à son tour. Elle renoue avec Markey, un ami d'enfance qui s'est installé aux États-Unis et qui a des relations dans le milieu de l'édition. Lors d'un voyage à New-York, elle a la surprise d'y être rejointe par Min, qui s'installe, trouve un travail et des amies et refuse même de rentrer en Irlande.
C'est donc au tour de Rosie de se retrouver seule à Dublin, et d'attendre des nouvelles de sa tante. Un beau jour, elle reçoit une lettre de l'armée, destinée à Min, annonçant que la maison d'enfance de Min et de la mère de Rosie vient de leur être restituée, après des années de réquisition militaire. Rosie, fascinée par la maison et la sauvagerie des lieux, va entreprendre de la restaurer et y découvrir une nouvelle raison de vivre.

Cette histoire, c'est une parenthèse dans la vie de Rosie, parvenue à la cinquantaine, après de multiples expériences professionnelles et amoureuses. C'est une pause, bienvenue d'abord, qui lui donne l'occasion de faire le bilan de son existence, de sa situation de femme seule et indépendante, à l'aube de la vieillesse qu'elle sent approcher et à laquelle elle n'est pas encore prête à se résigner. Confrontée à sa tante et à ses amies d'enfance qui sont restées à Dublin, elle lutte d'abord contre elle-même pour ne pas sombrer dans le renoncement.
La découverte de la maison de Min, à Stoneytown, la replonge dans son enfance, quand elle vivait avec Min et son père dans une pauvre cabane, en bord de mer. Et c'est dans ses souvenirs d'enfance et ce dénuement que Rosie va puiser pour retrouver un nouvel élan de vie.

J'ai vraiment aimé ce livre de Nuala O'Faolain, que j'ai découverte à cette occasion. J'ai apprécié les petits articles que prépare Rosie, pour son futur livre, qui sont plein de bon sens, d'humour et de la volonté de voir les choses en face. Les séjours de Rosie dans la maison de Stoneytown sont racontés avec beaucoup de passion et d'émotion et l'auteur sait y insufler son amour pour son pays.
En résumé, de très beaux portraits de femmes, car Min et les amies de Rosie ont une part non négligeable dans ce roman.

Des avis enthousiastes chez Cuné, les rats de biblio, Malice, Kathel, Keisha et d'autres moins, chez Manu, Brize et Bellesahi.

A consulter : La fiche du livre chez l'éditeur.

mardi 28 juillet 2009

Un été d'écrivains avec Philippe Claudel

Ce soir sur France-Inter, à partir de 20h10, Brigitte Kernel recevait Philippe Claudel dans son émission "Un été d'écrivains".


Ensemble, ils évoquent les livres de Philippe Claudel, son film "Il y a longtemps que je t'aime", celui d'Yves Angelo, "Les Âmes grises".

Il y aussi ce projet interrompu, l'adaptation de "La petite fille de M. Linh", mais que Philippe Claudel ne regrette pas. Pour lui, un bon livre ne deviendra pas forcément un bon film.

A réécouter pendant sept jours, ici, afin de ne pas manquer sa lecture à voix haute du début de "La petite fille de M. Linh", livre dont je garde un magnifique souvenir.

mardi 21 juillet 2009

Mille femmes blanches

Mille femmes blanches - Jim Fergus
Le cherche midi éditeur (2000)
Traduction de l'anglais par Jean-Luc Piningre


Sous-titré "Les carnets de May Dodd", ce roman s'appuie sur un fait réel.

En 1875, un chef de la tribu des cheyennes proposa au président Grand d'échanger 1000 femmes blanches contre 1000 chevaux, afin de faciliter l'intégration de ses guerriers dans le monde de l'Homme Blanc.


Dans ces carnets, May Dodd, l'une des femmes volontaires pour ce curieux échange, relate les évènements qui l'ont amenée dans cette aventure. Rejetée par sa famille, en raison d'un comportement en dehors des normes de l'époque, May a été enfermée dans un asile psychiatrique et séparée de ces deux enfants, nés hors mariage. Accepter de participer à cette expérience est le seul moyen pour elle de sortir de cette prison et d'espérer revoir ses enfants, une fois qu'elle aura donné naissance à un enfant cheyenne.

Nous la suivons dans sa découverte de la vie indienne, au grand air, en compagnie d'autres femmes blanches, où se retrouvent les archétypes de la société de l'époque : vieilles filles aigries ou pleines d'espoir, prostituées, femmes hors normes, malades mentales ou délinquantes, missionnaires prêtes à convertir de nouveaux adeptes.


Cette histoire est magnifique, racontée par une femme à l'esprit ouvert, qui sait s'adapter aux situations nouvelles, sans préjugés. C'est aussi une femme de passion, qui assume ses choix et ses responsabilités.
La lecture de ce roman fort apporte un contraste à beaucoup de films qui présentent les Indiens d'Amérique uniquement comme des guerriers sanguinaires et sauvages. Certes, il y en eut mais la conquête de l'Ouest, nous le savons déjà, a fourni aux hommes blancs de tristes occasions d'exercer leur cruauté et leur pouvoir pour exterminer les tribus indigènes.

J'ai beaucoup aimé ce livre et l'ai lu en quelques jours, ce qui est rare pour moi. Je ne peux que le recommander, si vous avez soif d'aventures et de dépaysement !

Des avis enthousiastes parmi les rats de biblio, celui d'Élodie.

Cette lecture entre dans le cadre de mon challenge Blog-o-trésors, proposé par Grominou.

samedi 18 juillet 2009

Une tombe accueillante

Une tombe accueillante - Michael Koryta
Éditions du Seuil - Collection Policiers n°200 - Mai 2009
Traduction de l'anglais (US) par Mireille Vignol.


Lincoln Perry s'est fait virer de la police, après avoir tabassé l'avocat Alex Jefferson, qui lui a piqué sa fiancée, Karen et l'a épousée. Depuis, Lincoln dirige son agence de détectives, aidé de son ami Joe, momentanément hors-course pour cause de blessure.
Lorsque le corps d'Alex Jefferson est retrouvé, salement abimé, Lincoln est suspecté par l'inspecteur Tarent, chargé de l'enquête mais a un alibi.
Karen, la veuve, lui demande de retrouver le fils d'Alex, Matthew, brouillé avec son père depuis des années et dont elle est sans nouvelles. Lincoln, qui ne peut rien lui refuser, se lance à la recherche de Matthew, qui se retrouve, sans le savoir, héritier d'une fortune considérable. Sa quête n'est pas bien longue ni bien compliquée. Mais les retrouvailles ne se passent pas comme prévu. Et la situation se complique pour lui !

Je lis assez peu de romans policiers. Aussi, lorsque Suzanne, de chezlesFilles.com, m'a proposé ce titre, j'ai profité de l'occasion. Et je ne regrette pas cette découverte.

Ce qui semble au départ une enquête banale va se transformer petit à petit en un cauchemar pour Lincoln, qui se retrouve assez vite dans la peau de suspect, piégé par une accumulation d'indices qui le désignent comme un parfait coupable. Pour se sortir de la situation, Lincoln va devoir réactiver certains contacts qui ne sont pas sans danger pour lui.

J'ai bien aimé ce livre qui prend son temps et s'attache à la description des personnages, parfois au détriment du rythme de l'enquête. Le lecteur accompagne le détective dans sa découverte de cette affaire de plus en plus plus sombre et partage sa peur et sa solitude face à des manigances qu'il découvre peu à peu. Et j'ai bien envie de retrouver Lincoln Perry dans "Et que justice soit faite", paru en 2008 dans la même collection et disponible également en poche chez Points Seuil.

Merci à ChezLesFilles.com
et aux éditions du Seuil
pour cette offre.



D'autres avis chez Kenza, Saphoo, Hannibal, Wictoria, Keisha, et pour finir, celui de la "moitié" d'Armande, qui vaut le détour.

lundi 6 juillet 2009

Le monde selon Monsanto

Le monde selon Monsanto - Marie-Monique Robin
Nouvelle édition parue en Mars 2009 en version poche. Éditions La Découverte / Arte éditions.
Préface de Nicolas Hulot. Postface inédite de l'auteur.


Le sous-titre de cet ouvrage résume parfaitement son contenu : "De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien".

Marie-Monique Robin s'intéresse dans ce document à la société Monsanto, multinationale basée à Saint-Louis, Missouri et implantée dans quarante-six pays. Connue actuellement pour sa position dominante dans la commercialisation de semences transgéniques, Monsanto est présente dans l'industrie chimique depuis sa création en 1901 et s'est "illustrée" dans la production de nombreuses substances controversées : les PCB, la dioxine, l'hormone de croissance bovine puis un herbicide bien connu qui détruit tout sur son passage sauf les espèces transgéniques conçues pour y résister. L'auteur dénonce les méthodes utilisées par l'entreprise pour imposer ses produits, bâcler les études d'impact, masquer les mauvais résultats ou les falsifier.
A propos des OGM, elle met en évidence la stratégie de Monsanto pour prendre le contrôle de l'agriculture mondiale, sous couvert de "nourrir l'humanité".

Si je devais utiliser un seul adjectif pour qualifier mon impression suite à cette lecture qui m'a passionnée, ce serait : terrifiant !

Et pourtant, mon parcours professionnel m'incitait plutôt à une certaine indulgence pour ce secteur d'activité, puisque j'ai travaillé plusieurs années chez un des leaders de l'industrie phytosanitaire. Là aussi j'ai été arrosée par ces discours utopiques sur la perspective de donner à manger à la planète entière et surtout aux plus démunis, sans en être dupe : comment les pays pauvres pourraient-ils se payer ces produits conçus pour les riches et pour une agriculture intensive.
En ce qui concerne les OGM, les présentations auxquelles j'avais assistées dans cette entreprise, également impliquée, m'avaient donné une tout autre impression que celle laissée par le livre de Marie-Monique Robin. Il faut dire que les années ont passé et que les rendements promis n'ont pas été atteints, des effets secondaires se sont produits, des résistances sont apparues.

Il m'est impossible de résumer ce livre, si dense et si démonstratif. Mais je ne peux que recommander sa lecture car il met en évidence des pratiques que je n'imaginais pas et permet de mieux comprendre la violence de la contre-réaction, parfois.


J'ai reçu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio. Merci à eux et aux éditions Arte/La Découverte.



Un seul bémol à cette lecture, qui m' a ralentie dans ma progression : c'est la taille de la police d'imprimerie de cette nouvelle édition de poche, trop petite à mon gré ! Ce défaut n'existe peut-être pas dans l'édition initiale.

mercredi 17 juin 2009

Les quatre vérités

Les quatre vérités - David Lodge
Novella parue en 2000 aux éditions Payot & Rivages
Traduction de l'anglais de Suzanne V. Mayoux
Édition de poche en 2002.


Adrian Ludlow, romancier qui a connu son heure de gloire quelques années auparavant, s'est "réfugié" à la campagne, dans le Sussex, en compagnie de sa femme Éleanor. À l'abri du tapage médiatique et des critiques redoutées, il savoure sa tranquillité. Il ne publie plus que des anthologies. Un beau dimanche d'août 1997, il reçoit la visite de Sam Sharp, un vieil ami depuis leurs années communes à l'université, et qui a cédé, lui, à l'attrait de la célébrité, en devenant scénariste de téléfilms sur la côte ouest des États-Unis. Sam est furieux de la parution d'une interview dans le Sentinel Review, journal du dimanche. La jeune journaliste, Fanny Tarrant, à qui il s'était imprudemment confié, a exploité sa confiance et l'a ridiculisé dans son article. En signe de vengeance, Adrian et Sam renouent avec leur complicité d'antan et décident de tendre un piège à la jeune femme : Adrian accepte de rompre le silence médiatique qu'il s'est imposé et propose d'accorder une interview à la jeune journaliste, sûr d'être en mesure de résister à sa langue de vipère et à ses commérages. Il essayera de lui soutirer quelques propos personnels pour en tirer matière à un article vengeur qu'il compte publier dans le Chronicle.

Évidemment, la réalité va être bien différente de ce qui était prévu ! Au cours de l'interview, Adrian se laisse entraîner à des confidences concernant sa femme.
Éleanor, ulcérée, va à son tour dévoiler à Fanny des aspects du caractère d'Adrian qu'il avait réussi à masquer.

Le dernier chapitre nous fait partager l'angoisse d' Adrian et d'
Éleanor, en ce dernier dimanche d'août 1997, attendant l'arrivée des journaux. Tellement obnubilés par le contenu du fameux article de Fanny, ils n'ont ni écouté la radio, ni regardé la télévision et ne se doutent pas qu'un drame d'une autre portée va monopoliser l'attention internationale.

J'ai bien aimé ce court roman de David Lodge, une "novella" qu'il a tirée d'une de ses pièces. Comme d'habitude chez cet auteur, le ton est ironique et mordant, sans complaisance pour ces intellectuels qui se regardent le nombril, bien protégés des vicissitudes du commun des mortels ! Au cours des différents échanges verbaux entre les personnages, ils apparaissent tour à tour sympathiques puis antipathiques, selon qu'ils sont véritablement sincères ou bien soucieux de composer une attitude. Adrian, pourtant rétif à la médiatisation, ne peut résister à sa vanité, face à la journaliste qui lui porte une certaine admiration, réelle ou inventée. Éleanor, femme frustrée, qui a tout abandonné pour protéger son mari, laisse exploser sa rancœur. Et Sam, qui apparait au début comme la pauvre victime d'une arriviste aux dents longues, ne méritait peut-être pas mieux !
A noter la postface très intéressante de David Lodge lui-même, qui explique les raisons pour lesquelles il a transcrit sa pièce en "novella".

L'avis de Lilly et d'autres chez Zazieweb.

mercredi 10 juin 2009

Des livres pour Haïti




Une belle initiative de Babelio, en association avec l'ONG Bibliothèques sans frontières :


Envoyer des livres pour les bibliothèques publiques d'Haïti.



Si vous souhaitez participer à cette opération, c'est par ici.

jeudi 4 juin 2009

Le chien des Baskerville


Le chien des Baskerville - Sir Arthur Conan Doyle
Gallimard jeunesse - Collection Chefs d'oeuvre universels - 2002
Illustrations de Nicollet.
Traduction et commentaires de Jean-Pierre Naugrette.


Une fois de plus, la malédiction qui pèse sur la lignée des Baskerville depuis le 18ème siècle a frappé. Depuis que Hugo Baskerville a été égorgé par un molosse d'une taille hors norme, plusieurs membres de la famille sont morts dans des conditions sanglantes et mystérieuses. Cette fois, la victime est Charles Baskerville, retrouvé littéralement mort de peur dans la lande de Dartmoor, près du chateau familial. Près du corps se trouvaient les empreintes d'un chien de chasse gigantesque. Sir Henry Baskerville, dernier héritier du nom, revient d'Amérique et compte sur Sherlock Holmes pour élucider le mystère et lever définitivement la menace.
Voilà donc le célèbre détective embarqué dans une nouvelle énigme. Comme des affaires importantes le retiennent à Londres, il délègue au docteur Watson le soin d'accompagner Sir Henry dans le Devonshire et de lui transmettre régulièrement le compte-rendu de ses observations.

C'est donc principalement par le regard du Dr Watson que nous assistons à cette enquête, que j'ai trouvée très effrayante, par moment ! Les descriptions de la Lande, de ses paysages désolés et de ses pièges cauchemardesques m'ont donné le frisson !

Un exemple (Page 80) :
"C'est le grand bourbier de Grimpen, déclara-t-il. Un faux pas là-dedans et c'est la mort assurée pour l'homme ou l'animal. Pas plus tard qu'hier j'ai vu un des poneys de la lande s'y aventurer. Il n'est jamais ressorti. Pendant un bon moment j'ai aperçu sa tête qui se tortillait au-dessus de la tourbière, avant de finir par se faire engloutir. Même en saison sèche la traversée n'est pas recommandée, mais après ces pluies d'automne l'endroit est comme qui dirait terrifiant. Et pourtant je sais comment m'y repérer pour en atteindre le centre, et en revenir vivant. Mon Dieu, voilà encore l'un de ces malheureux poneys !"

Les différents personnages de cette histoire sont décrits minutieusement, sans indulgence de la part du narrateur, mais sans parti pris d'avance. Ils évoluent dans cette atmosphère glacée et terrifiante, et le lecteur se sent lui-même englué dans les brumes de la lande de Dartmoor. Le dénouement est peu prévisible, mais raconté sans éclat, comme si finalement l'intérêt de l'intrigue reposait davantage sur le déroulement de l'enquête que sur son résultat.

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, surtout dans cette collection des chefs d'oeuvre universels, destinée aux jeunes. Les illustrations et les commentaires sont tout à fait pertinents et d'une aide précieuse à la compréhension du contexte historique et géographique. A mon avis, ce roman est destiné à de bons lecteurs pas trop sensibles, car Conan Doyle s'y montre vraiment maître dans l'art de communiquer la peur et l'angoisse !

D'autres avis : Les rats de biblio et Alvynlarquey.

vendredi 29 mai 2009

Paradis conjugal

Paradis Conjugal - Alice Ferney
Editions Albin Michel - 2008

Elsa Platte a renoncé à sa carrière de danseuse pour se consacrer à son mari, Alexandre, et à ses quatre enfants. Depuis plusieurs mois, elle s'est prise de passion pour un film de Joseph Mankiewicz, Chaînes conjugales, au point de le visionner tous les jours et de négliger son environnement familial.
Ce film de 1949 obtint l'Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur scénario. L'histoire est la suivante : Trois femmes, Deborah, Rita et Lora Mae, se retrouvent près d'un embarcadère afin d'accompagner les enfants d'un orphelinat pour une mini-croisière et un pique-nique. Leur amie Addie Ross manque à l'appel et leur fait parvenir avant le départ du bateau une lettre dans laquelle elle leur annonce qu'elle a quitté la ville en compagnie du mari de l'une d'entre elles.
Commence alors pour les trois amies une difficile journée, au cours de laquelle chacune, en proie au doute, va revivre certains évènements qui pourraient expliquer que son mari soit l'infidèle.

Le roman d'Alice Ferney nous raconte, lui, la soirée d'Elsa, elle-même dans l'incertitude : en effet, son mari, la veille, révolté par son indifférence, lui a tenu des propos définitifs et a quitté la maison : "Demain soir et les soirs suivants, prépare-toi à dormir seule. Je ne rentrerai pas dans une maison où ma femme est installée devant la télévision, voit le même film depuis trois mois, ne se lève pas pour me préparer à dîner, et se couche sans me regarder !"

Ce soir, comme tous les autres soirs, Elsa est donc devant son poste et regarde le film de Mankiewicz, mais n'est pas seule car ses deux ainés, adolescents, le visionnent avec elle, curieux de comprendre ce qui fascine leur mère. Et c'est à travers le regard d'Elsa que nous est raconté le film, scène par scène, tandis qu'elle commente intérieurement ce qu'elle voit et analyse sa propre existence et ses sentiments.

La lecture des cinquante premières pages a été un peu laborieuse, car l'intrigue peine à se mettre en place. Mais à partir du moment où commence la narration du film, j'ai été séduite par ce roman, par la précision du style, par la description minutieuse des personnages, par l'analyse de leurs caractères et par la résonance de cette fiction avec l'héroïne du livre.

Placée dans une situation identique à celle des personnages du film, la possible désertion de son mari, Elsa en arrive à se remettre en question et à chercher dans son comportement ce qui a pu provoquer la fuite de son mari. Comme elle comprend les raisons qui pourraient expliquer le départ de chacun des trois maris, elle commence à mieux appréhender ses propres manquements vis à vis de son époux.

Ma première approche de ce livre d'Alice Ferney s'est faite lors de son passage dans une émission de France-Inter. Intriguée par le procédé, j'avais emprunté le film Chaînes conjugales à la médiathèque, de façon à être prête pour la lecture, le jour où je pourrais y trouver le roman.
Je crois, au vu des multiples billets concernant ce livre, que la connaissance du film avant la lecture est un plus. Elle permet de mieux apprécier la qualité narrative de ce roman, d'admirer la façon dont Alice Ferney fait revivre le film et comment elle réussit à ménager le suspense sur l'identité du mari, même si on connait déjà la fin du film.
Une lecture que je conseille, mais après avoir vu le film de Mankiewicz, qui est magnifique !

D'autres avis : Praline qui a aimé, Gambadou et George Sand et moi qui ont un avis mitigé, Essel qui est déçue, Lilly happée par l'histoire, Laurent s'est ennuyé. Déception également chez l'empreinte des mots, des réflexions chez Miss Orchidée, Liliba a eu le cafard, Clochette s'y est plongée avec délices, énorme déception pour Manu.