lundi 15 mai 2017

La lumière de la nuit

La lumière de la nuit – Keigo Higashino

Actes Sud (2015)
Traduit du japonais par Sophie Refle


Pas sûr que je me serais intéressée à ce gros livre de plus de 650 pages si je n’avais pas lu le billet de Yueyin à son sujet.

Et c’est parce qu’elle y citait un autre livre de Keigo Higashino, Le dévouement du suspect X, que mon attention a été éveillée.

Car, de Keigo Higashino, j’avais lu ce polar à l’intrigue assez inhabituelle – on connait l’identité de l’assassin mais le suspens s’exerce ailleurs - mais aussi, La maison où je suis mort autrefois, que j’avais vraiment apprécié pour son histoire vraiment originale et une construction habile.

Alors, je n’ai pas hésité, j’ai réservé La lumière de la nuit à la médiathèque et je n’ai pas eu longtemps à l’attendre. Premier choc lorsque je l’ai retiré au comptoir, l’épaisseur du pavé !

L’intrigue démarre d’une façon assez classique : À Osaka, un prêteur sur gages, Kirihara  Yõsuke est retrouvé, assassiné, dans un immeuble en construction. Les premiers soupçons s’orientent vers Nishimoto Fumiyo, une jeune femme chez qui Kirihara s’est rendu dans l’après-midi avant sa mort, après avoir retiré une grosse somme d’argent à la banque. La jeune femme a un alibi qui la disculpe et la police s’intéresse alors à un de ses proches, Terasaki, imaginant une histoire de rivalité amoureuse et de jalousie. Mais Terasaki meurt dans un accident de voiture, sans que son implication ait pu être confirmée, et quelques mois plus tard, c’est Fumiyo qui est découverte chez elle, victime du gaz, vraisemblablement suicidée. L’enquête se retrouve au point mort et le meurtre de Kirihara reste un mystère, au grand damne de l’inspecteur Sasagaki. Tenace et persévérant, c’est seulement vingt ans plus tard qu’il élucidera l’affaire, une fois venue l’heure de la retraite.

Entre temps, le récit se disperse, apparemment, en relatant une succession d’évènements concernant la fille de Fumiyo, Yukiho, qui, à la suite de la mort de sa mère, a été adoptée par une parente, ce qui lui a permis de poursuivre brillamment ses études. Un autre personnage qui apparait aussi très régulièrement est Ryõshi, le fils du prêteur assassiné, impliqué dans de drôles de traffics. Et puis, ce qui vient compliquer fortement l’histoire, une multitude d’autres personnages qui interagissent avec Yukiho et Ryõshi, sans que l’on comprenne au début où nous emmène l’auteur.

Je ne veux pas trop en dire, d’abord pour ne pas dévoiler l’histoire et ensuite parce que je serais bien incapable de résumer simplement des péripéties qui s’étirent sur plusieurs années, au gré d’une intrigue parfaitement maîtrisée, où les indices sont semés avec art. Il suffit d’être attentif, le moindre détail a son importance, je reconnais que j’en avais loupé beaucoup à la première lecture. Car, oui, j’ai relu ce pavé, une fois la dernière page tournée, bien consciente d’être passée à côté de beaucoup d’éléments importants, à priori insignifiants comme par exemple un petit grelot ou une paire de ciseaux.

Ce que j’ai aussi trouvé très fort de la part de l’auteur, c’est sa façon de modifier notre perception de Yukiho au fur et à mesure de la progression de l’histoire : une petite fille sage et appliquée au début qui se transforme au fil des années en une businesswoman ambitieuse et manipulatrice. Perception qui sera encore bouleversée par la résolution finale !

Bref, un livre très différent des deux autres que j’avais lu de Keigo Higashino, mais que j’ai apprécié en raison d’une intrigue bien construite et d’une vision intéressante de la société japonaise. 

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